L'épargne privée est essentielle à l'amélioration du système de revenu de retraite au Canada
Le plan en trois étapes de l’AMVI s’attaque aux règles du REER, à la fiscalité des frais de gestion d’investissement et plus encore
Chronique d’invité pour Investment Executive
Par :Andy Mitchell, Président et chef de la direction, Association des marchés de valeurs et des investissements (AMVI)
Dans ma dernière chronique, j’ai évoqué la nécessité d’offrir davantage de souplesse aux aînés en actualisant les règles relatives aux fonds de revenu de retraite enregistrés (FRRE) au Canada. Je suis heureux d’annoncer que notre organisation, l’Association des marchés de valeurs et des investissements (AMVI), a franchi une étape importante dans cette initiative en lançant un plan d’action complet en matière d’épargne-retraite.
Je suis convaincu qu’avec une volonté politique suffisante, cette approche stratégique permettrait de moderniser considérablement le système obsolète du Canada et contribuerait à protéger l’avenir financier des Canadiens.
C’est le moment
Le système canadien de revenu de retraite s’est développé il y a plusieurs décennies autour de piliers fondamentaux :
- les programmes financés par l’État, tels que la Sécurité de la vieillesse et le Supplément de revenu garanti ;
- les régimes de retraite publics tels que le Régime de pensions du Canada et le Régime de rentes du Québec ;
- les régimes de retraite d’entreprise, y compris les régimes à prestations définies et à cotisations définies, ainsi que les régimes d’épargne privés enregistrés, tels que les REER et les CELI ; et
- épargne personnelle non enregistrée et autres placements.
Au fil du temps, l’équilibre entre ces sources s’est modifié au point qu’aujourd’hui, l’épargne privée représente près de la moitié des revenus de retraite des Canadiens âgés de 65 ans et plus.
Tout cela se produit dans un contexte de crise du pouvoir d’achat, alors qu’il n’a jamais été aussi difficile d’épargner. Au cours des dernières années, l’inflation galopante, la hausse des coûts du logement et la stagnation des salaires, combinées à un endettement élevé des ménages, ont laissé de nombreux Canadiens avec peu de marge de manœuvre pour mettre de l’argent de côté en vue de la retraite — ou pour quoi que ce soit d’autre au-delà des dépenses quotidiennes.
Pour ceux qui sont déjà à la retraite, l’augmentation des dépenses due à l’inflation peut grignoter une part importante de leurs revenus de retraite, les obligeant parfois à faire des choix difficiles à mesure que leur pécule fond.
Pourtant, les politiques publiques n’ont pas suivi l’évolution de la situation. Elles reposent toujours sur des hypothèses datant de plusieurs décennies concernant l’âge de la retraite, l’espérance de vie et l’existence d’un régime de retraite d’entreprise classique. Ce décalage fait peser de réels risques sur les Canadiens.
Étant donné que l’épargne privée continuera de jouer un rôle de plus en plus important dans la préparation à la retraite, il est impératif de moderniser les politiques publiques afin qu’elles reflètent les réalités actuelles. Si rien n’est fait, l’écart entre les besoins des Canadiens pour leur retraite et ce qu’ils peuvent réellement épargner ne fera que se creuser.
Un plan d’action en trois volets
Le plan de l’AMVI est présenté dans un nouveau document intitulé « Le casse-tête de la retraite au Canada : pourquoi l’épargne privée doit être au cœur de la réforme ». De manière générale, nos recommandations au gouvernement s’articulent autour de trois axes qui permettront aux Canadiens d’épargner plus facilement :
- Moderniser les règles relatives à la retraite afin de tenir compte de l’allongement de l’espérance de vie, en repoussant l’âge de conversion d’un REER en FERR de 71 à 73 ans et en instaurant des modalités de retrait flexibles pour les soldes modestes (inférieurs à 200 000 $).
- Assurer l’égalité des chances pour tous les épargnants en supprimant l’imposition des frais de gestion des fonds d’investissement, en harmonisant et en réduisant les coûts réglementaires et en garantissant un accès plus large au conseil financier.
- Faites de l’épargne la norme en activant l’adhésion automatique aux régimes d’épargne en milieu de travail, tels que les REER collectifs, et en intégrant l’épargne individuelle au programme national d’éducation financière.
Si le système actuel de revenu de retraite du Canada présente de nombreux atouts, il ne fait aucun doute qu’il a besoin d’être modernisé, et nos recherches viennent s’ajouter à la masse croissante de données qui étayent cette position. En modernisant les politiques et en facilitant l’épargne pour les Canadiens, le gouvernement pourrait mieux atteindre son objectif, qui est d’aider les gens à bénéficier d’une sécurité financière pendant leur retraite, réduisant ainsi leur dépendance vis-à-vis des services et programmes sociaux de l’État.
Après une vie entière de travail, les retraités doivent avoir l’assurance de disposer d’une source de revenus fiable pour profiter pleinement de leur retraite. C’est à la fois une bonne politique économique et une mesure publique essentielle.