Two older adults sit at a table with paperwork, listening to a man who is showing them information on a tablet.

Le casse-tête de la retraite au Canada : pourquoi l'épargne privée doit être au cœur de la réforme

À propos de l'initiative

Aperçu

Le système de revenu de retraite du Canada repose sur plusieurs piliers fondamentaux : les programmes publics accessibles à tous les Canadiens, à savoir le Régime de pensions du Canada (RPC), la Sécurité de la vieillesse (SV) et le Supplément de revenu garanti (SRG) ; les régimes de retraite traditionnels parrainés par les employeurs; et l’épargne privée individuelle par le biais des REER, des CELI et d’autres placements personnels.

Au fil du temps, l’équilibre entre ces piliers s’est modifié, près de la moitié de l’ensemble des revenus de retraite provenant désormais de l’épargne privée.

Mais avec la crise du coût de la vie actuelle, de nombreux Canadiens ont du mal à épargner. Pour protéger et renforcer ce pilier essentiel de la sécurité de la retraite pour l’avenir, nous devons faire évoluer les politiques actuelles afin qu’elles reflètent les réalités financières auxquelles les gens sont confrontés aujourd’hui lorsqu’ils épargnent pour leur avenir.

An older couple walks arm in arm on a wooden pathway at the beach, surrounded by sand and greenery, under a clear blue sky.
En bref

Points clés à retenir

  • L'épargne privée représente aujourd'hui près de la moitié des revenus de retraite des Canadiens, mais la réglementation qui la régit est restée figée dans le passé.

  • Beaucoup de gens sont pris au piège : pas de retraite d'entreprise, une épargne insuffisante et une hausse du coût de la vie qui rend l'épargne difficile.

  • Des mesures plus judicieuses pourraient alléger la pression en actualisant les règles relatives aux REER et aux FERR, en supprimant les frais injustifiés sur les produits d'investissement courants et en élargissant l'accès aux conseils.

  • Faire de l'épargne la norme au travail et renforcer l'éducation financière aiderait davantage de Canadiens à se construire une véritable sécurité financière à long terme pour leur retraite.

Le problème

Les lacunes de notre système

Si l'épargne privée doit jouer un rôle plus important, le cadre politique qui la soutient doit être modernisé afin de refléter les réalités d'aujourd'hui et les défis économiques croissants auxquels sont confrontés les Canadiens lorsqu'il s'agit d'épargner en vue de la retraite. Trois problèmes structurels se posent :

  • A barista wearing a beanie and glasses smiles while working at a coffee shop counter, operating the espresso machine.

    Couverture

    Trop de Canadiens n'épargnent pas du tout ou n'épargnent pas suffisamment. Avec plus de 62 % des travailleurs qui ne bénéficient pas d'un régime de retraite d'entreprise classique, il incombe davantage à chacun de recourir aux REER, aux CELI et à d'autres instruments pour investir et épargner. Mais le taux de participation est inégal. L'inaction et le manque de sensibilisation à l'épargne par prélèvement sur le salaire contribuent à creuser cet écart.

  • People gather around a fountain in an urban plaza, some taking photos, with modern and older buildings in the background.

    Adéquation

    Parmi les épargnants, nombreux sont ceux qui n'épargnent pas suffisamment. Même ceux qui touchent le montant maximal combiné des prestations de la SV/SRG et du RPC n'auront droit qu'à 26 016 $ par année à compter de 2025 – bien en deçà de ce qu'il faut pour maintenir le niveau de vie dans la plupart des régions du Canada. Sans épargne privée, la baisse de revenu à la retraite est brutale et peut être déstabilisante.

  • Two men in business attire discuss work at a desk with a laptop and notebook in a modern office setting, both appearing engaged and smiling.

    Accessibilité financière

    Pouvoir se permettre d’épargner est un défi en soi. L’endettement élevé des particuliers, la hausse des coûts du logement et l’inflation empêchent de nombreux ménages de mettre de l’argent de côté. Près d’un Canadien sur quatre affirme ne pas être en mesure de faire face à une dépense imprévue de 500 $, et épargner pour les décennies à venir n’est même pas envisagé par de nombreux ménages, qui doivent déjà composer avec les dépenses quotidiennes.

Les statistiques

Pourquoi l'épargne privée est plus importante que jamais

L'épargne privée n'a plus un rôle secondaire : elle est désormais essentielle. Ces chiffres soulignent le rôle crucial de l'épargne privée, non seulement pour la santé financière des particuliers, mais aussi pour la résilience budgétaire et économique du pays.

46 %

Les économies personnelles représentent désormais 36 % des revenus de retraite des seniors, contre 36 % en 2005.

4 500 milliards de dollars

Détenues par des Canadiens dans le cadre d'épargnes privées investies sur les marchés financiers, ce qui contribue à soutenir la croissance économique.

150 milliards de dollars

A contribué à l'économie grâce à l'épargne privée en 2023, générant près de 27 milliards de dollars de recettes fiscales et permettant au gouvernement d'économiser 16,5 milliards de dollars en prestations du SRG.

Un plan d’action en matière d’épargne-retraite pour le Canada

Relever l’âge requis pour la conversion d’un REER en FERR

À l’heure actuelle, les Canadiens doivent convertir leur régime enregistré d’épargne-retraite (REER) en fonds enregistré de revenu de retraite (FERR) l’année de leurs 71 ans et commencer à retirer des fonds à 72 ans. Cette règle a été instaurée à une époque où l’espérance de vie et la durée de la vie active étaient plus courtes et ne reflète pas les réalités d’aujourd’hui.
Le relèvement de l’âge de conversion à 73 ans permettrait :

  • Offrir deux années supplémentaires de croissance avec report d’imposition.
  • Il faudrait aligner davantage le Canada sur des pays comme les États-Unis (où l’âge de conversion est fixé à 73 ans et passera à 75 ans), l’Australie et le Royaume-Uni, qui offrent une plus grande souplesse quant au moment où l’épargne-retraite doit être retirée.
  • Refléter la réalité selon laquelle de nombreux Canadiens travaillent plus longtemps ou reportent leur départ à la retraite.

Introduire des modalités de retrait flexibles pour les FERR dont le solde est modeste

Les Canadiens dont le solde de leur FERR est inférieur à 200 000 $ devraient avoir la possibilité de renoncer aux retraits obligatoires. Cela permettrait :

  • Éviter toute imposition inutile et toute récupération des prestations de la Sécurité de la vieillesse (SV) et du Supplément de revenu garanti (SRG) pour les retraités à revenu moyen.
  • Aider les retraités à éviter de vendre leurs placements en période de baisse des marchés simplement pour respecter les règles relatives aux retraits minimums.
  • Préserver l’équité fiscale : les FERR dont le solde est plus élevé resteraient soumis à des obligations de retrait afin d’éviter un report d’impôt indéfini.

Le relèvement de l’âge de la conversion à 73 ans aurait pour effet :

  • Offrir deux années supplémentaires de croissance avec report d’imposition.
  • Il faudrait aligner davantage le Canada sur des pays comme les États-Unis (où l’âge de conversion est fixé à 73 ans et passera à 75 ans), l’Australie et le Royaume-Uni, qui offrent une plus grande souplesse quant au moment où l’épargne-retraite doit être retirée.
  • Refléter la réalité selon laquelle de nombreux Canadiens travaillent plus longtemps ou reportent leur départ à la retraite.


Supprimer la TPS/TVH sur les frais de gestion des fonds d’investissement

Les Canadiens qui investissent dans des fonds communs de placement ou des FNB paient actuellement une taxe de vente sur les frais de gestion (un taux combiné d’environ 11 %). Cela ne s’applique pas aux portefeuilles composés d’actions ou d’obligations individuelles, qui sont plus courants chez les investisseurs fortunés.

La suppression de cette taxe permettrait de
mettre fin à une pénalisation injuste qui frappe les produits d’investissement les plus accessibles et les plus diversifiés – ceux sur lesquels comptent le plus les Canadiens à revenu moyen.

  • Améliorer les rendements nets à long terme pour des millions d’épargnants.
  • Aligner le Canada sur ses homologues internationaux, tels que l’Union européenne, l’Australie et la Nouvelle-Zélande, qui exonèrent les frais de gestion de fonds de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA).

Réduire les obstacles réglementaires

De nombreuses réglementations partent d’une bonne intention, mais leur poids cumulé peut freiner l’innovation et restreindre l’accès.

Les réformes devraient :

  • Exiger une analyse des défaillances du marché avant d’introduire de nouvelles règles.
  • Évoluer vers une réglementation fondée sur des principes qui préserve la protection des investisseurs tout en favorisant la flexibilité et l’innovation.
  • Veiller, au moyen d’analyses d’impact, à ce que les nouvelles règles ne soient pas en contradiction avec des objectifs plus généraux tels que la formation de capital, l’inclusion financière et l’adéquation de l’épargne.
  • Harmoniser les frais à l’échelle nationale afin de réduire les coûts pour les entreprises et les investisseurs.
  • être précédée d’une analyse coûts-avantages rigoureuse.

Élargir l’accès au conseil financier

Le recours au conseil financier permet de multiplier par deux à quatre la constitution d’un patrimoine. Alors que de plus en plus d’investisseurs se tournent vers les canaux numériques et les services en libre-service, les politiques publiques doivent évoluer pour veiller à ce que ces investisseurs ne soient pas laissés pour compte.

Les décideurs politiques devraient :

  • Soutenir des modèles de conseil hybrides personnalisés (humain + numérique) qui s’adaptent aux besoins des investisseurs.
  • Moderniser les directives afin de préciser quelles formes d’orientation et de conseil sont autorisées, y compris pour les investisseurs autonomes.
  • Encourager le développement de plateformes de conseil évolutives destinées aux épargnants à revenus moyens.

Permettre l’adhésion automatique, les retenues et l’augmentation progressive des cotisations dans les REER collectifs d’entreprise (et les régimes à cotisations déterminées)

Le système canadien d’épargne-retraite à adhésion volontaire laisse trop de personnes sur le carreau. Des données internationales montrent que l’adhésion automatique augmente considérablement les taux de participation et d’épargne.

Étapes clés :

  • Modifier les lois fédérales et provinciales afin de permettre l’adhésion aux REER collectifs et
    aux régimes à cotisations déterminées selon le principe du « retrait volontaire ».
  • Mettre en place des initiatives de sensibilisation – en collaboration avec le secteur – afin d’aider les employés à comprendre les avantages et le fonctionnement des dispositifs d’épargne automatique, dans le but de dissiper les idées reçues et de renforcer leur confiance dans ces dispositifs.

Intégrer l’épargne privée dans le programme national d’éducation financière

« Malgré leur importance, les REER, les CELI et les autres instruments d’épargne privés sont souvent sous-représentés dans les programmes d’éducation financière. »

Pour y remédier :

  • Intégrer davantage la question de l’investissement dans les programmes scolaires et les programmes de formation pour adultes, parallèlement au Régime de pensions du Canada (RPC) et à la Sécurité de la vieillesse (SV) – afin de renforcer les compétences financières et de mettre en évidence le lien entre les habitudes d’épargne précoces et les options d’épargne-retraite.
  • Créer du contenu sur mesure destiné aux ménages à faible revenu, aux nouveaux arrivants, aux travailleurs de l’économie collaborative et à la jeunesse canadienne.
  • Préciser le rôle de l’épargne privée dans la gestion des implications fiscales, successorales et en matière de prestations sociales.
Une occasion de réforme

Tout est prêt pour passer à l'action

Le Canada se trouve à un tournant démographique et économique. Si notre système de revenu de retraite a bien servi les Canadiens, la crise actuelle du pouvoir d'achat rend l'épargne plus difficile que jamais pour de nombreuses personnes. Sans changements politiques visant à renforcer et à soutenir les possibilités d'épargne privée, nous risquons de laisser davantage de Canadiens sur le carreau et d'alourdir la charge qui pèse sur les programmes publics dans les années à venir.
Événements
à venir Événements passés

  • Five people sit around a conference table in a glass-walled office, having a discussion with laptops, papers, and coffee cups visible.

    Une prise de conscience croissante de l'importance de l'épargne privée.

  • Two older adults sit at a table with paperwork, listening to a man who is showing them information on a tablet.

    Une prise de conscience croissante de l'importance de l'épargne privée.

  • Four young adults, including one person in a wheelchair, are talking together in a sunlit hallway with large windows and backpacks.

    Une prise de conscience croissante de l'importance de l'épargne privée.

Passer à l'action

À qui s'adresse ce programme ?

Tous les Canadiens méritent d'avoir accès aux outils et aux conseils dont ils ont besoin pour investir dans leur avenir.

Les personnes travaillant dans des entreprises qui ne proposent pas de régime à prestations définies (plus de 60 % des salariés) et qui comptent sur les REER, les CELI et les régimes collectifs pour leur retraite.

Les personnes dont le solde enregistré est inférieur ou égal à 200 000 $ bénéficient d’une plus grande flexibilité grâce à des conditions de retrait moins strictes.

Éviter toute imposition inutile et toute récupération des prestations de la Sécurité de la vieillesse (SV) et du Supplément de revenu garanti (SRG) pour les retraités à revenu moyen.

Soutenir des modèles de conseil hybrides personnalisés (humain + numérique) qui s’adaptent aux besoins des investisseurs.

Encourager l’innovation qui allie les atouts du conseil humain à la technologie numérique.

En accompagnant davantage de Canadiens tout au long de leur vie active, notre économie restera solide à mesure que les générations futures vieilliront.

Soutenir l'avenir du Canada

C'est une bonne politique économique — et une politique publique indispensable

Les décideurs politiques ont une occasion unique de moderniser le cadre de l’épargne-retraite au Canada : mettre à jour les règles, uniformiser les règles du jeu et rendre l’épargne plus facile et plus automatisée.

Le système actuel d’épargne-retraite du Canada est en décalage avec l’économie d’aujourd’hui et les besoins de demain. En modernisant les règles en matière de retraite, en supprimant les obstacles réglementaires et en encourageant une large participation, nous pouvons mieux préparer les Canadiens à la sécurité financière à la retraite et alléger la pression fiscale sur les programmes publics.

Woman wearing headphones sits at a desk, smiling at a laptop screen with a notebook and pen in hand. Indoor setting with plants in the background.

Regarder la vidéo pour obtenir plus de détails.

A graphic with the text: “Canada’s Retirement Puzzle: Why Private Savings Must be at the Centre of Reform,” and SIMA/AMVI logos on a dark blue background.

Devenez membre de la SIMA dès aujourd'hui

Les membres de la SIMA bénéficient d'un accès à des webinaires et événements exclusifs, ainsi que de tarifs préférentiels sur certaines certifications financières.

Become a SIMA member Today

SIMA members get access to exclusive webinars and events, plus preferred pricing on certain financial certifications.